Dhacdo Muhiim ahayd oo dadka reer Djibouti ka dhoohan yihiin

 

LE MASSACRE OB0CK,le 11. 02. 1887

Les journaux ont annoncé, il y a
quelques semaines, le massacre.de plusieurs
marins français qui a eu lieu
près d’Gbock. Après ce triste événement
le commandant du Pingouin,
M. Lagàrde, a procédé à une enquête
qui a amené de singulières révélations
qui présentent les agissements de l’Angleterre
sous un singulier jour. Une
correspondance adressée à l’un de nos
confrères parisiens contient les renseignements
suivants :
N’ayant pu sauver ses lioinmes, il pestait
au commandant Lagarde à les venger et k
rechercher tout d’abord quel avait été le
.mobile de cet guet-apens. Ce. n’était pas un
de‘ ces accidents dont les côtes d’Afrique
sont trop souvent le théStre, ce n’était pas
une vengeance.
Qu’était-ce donc ?
Aidé par notre consul à Zoylali,,:M. Lagarde
put arriver à établir :
— Que les Sommalis qui avaient massacré
nos marins avaient. été pousses à commettre
ce crime par les indigènes qui habitent
Zeylah. – ‚
p— Que les chefs de cette bande d’assassins
étaient : l’un, Abdi-Somatare, drogman
indigène du vice-consul anglais, plusieurs
fois condamné pour vol et meurtre ; l’autre,
Idris-Omoiche, apeien esclave émancipé,
condamné â mort par le roi de Clioa et
sauvé du supplice- .par‘ .AItoii-Bek(jr-Pacha,
qui l’avait réclamé comme sujet égyptien.
Notre consul de Zeylah, ayant les preuves
de la culpabilité de ces misérables et de sept
de leurs complices, fit demander au viceconsul
anglais de vouloir bien les tenir à !a
disposition des autorités françaises ; mais
notre anglais s’y refusa, alléguant que la
culpabilité n’était pas prouvée et qu’il tenait
les gens accusés, places sous sa juridiction,
pour fort honnêtes.
L’Anglais ne s’en tint pas là ; pour faire
pièce à notre consul, il changea, de son autorité
privée, ces voleurs et ces assassins en
fonctionnaires, les nommant juges au tribunal
des affaires indigènes !
On aura peine à croire que de pareilles
turpitudes se passent en pays ég-yptien,
sous le couvert du drapeau anglais!
Cela existe pourtant à Zeylah.
Quoi qu’il puisse en être, la conduite du
vice-consul anglais laisse planer des soupçons
qu’il nous paraît urgent d’éciaircir,
d’autant pftis que le chef des assassins, le
Somali Boh-Allélé , dont le commandant
-d’Obock a pu s’emparer, aurait fait des révélations
de la plus haute gravité et fort
compromettantes pour le fonctionnaire britanique.
Si ces faits sont vrais, nous demandons
que tout soit mis au jour. Il faut
que l’opinion publique‘ sache à quoi
. s’en tenir. L’accusation est trop grave
pour être étouffée.

XeerNews24.com